Un président milliardaire

Dimanche = plage. Dimanche = élection présidentielle. Comme si de rien n’était.

Ce dimanche a tout l’air d’un dimanche comme les autres. Le soleil rompt les nuages gris qui s’entêtent à rester au dessus de la baie de Valparaiso. Avec des amis, nous nous baladons le long de la plage à Viña del mar.

Les touristes sont nombreux, les enfants jouent dans le sable et les dames se goinfrent de glaces et de cacahuètes grillées.

Pourtant, le ciel a comme un air bizarre. Le vent est plus chaud qu’à l’accoutumée. Plus irrégulier.

Les nuages soudain se réunissent. Ils ont appelé du renfort. Le froid monte et on enfile les pulls et coupe-vents. La mer s’agite.

Puis, le soleil revient. Le vent s’efface. Et tout semble reprendre son cours.

Dans un café assez cosy de la plage de Viña del Mar, des familles aisées se tartinent les lèvres de glaces. Il y a même des touristes japonais, chose rare au Chili.

Dans un coin du café, la télé fonctionne.

Je m’approche. Les Chiliens votent aujourd’hui pour élire leur président. Et il semble bien que les premières estimations soient tombées. J’ai le coeur qui chauffe.

Pour la première fois depuis la fin de la dictature, la droite est sur le point de gagner. Une droite qui a adouci son discours mais qui reste soutenue par la très conservatrice UDI (extrême droite) et envisage d’intégrer à son gouvernement d’anciens fonctionnaires de la dictature de Pinochet.

Et, bingo! Sebastian Piñera est en tête. L’écran de télévision annonce un score serré mais en faveur du candidat de la droite: 58%-42%.

Dans le café, personne ne réagit. Chacun continue à manger sa glace et à parler du barbecue du soir. Seuls les Japonais se lèvent de leur siège. Ils montrent l’écran de télé et s’exclament.

Le soleil a une drôle de couleur.

Et je regarde, silencieuse, ces Chiliens qui klaxonnent dans l’avenue, en brandissant des drapeaux de leur candidat entrepreneur milliardaire surnommé le « Berlusconi chilien ».

17/01/2010

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