3/5 : Soledad Garcia, femme de projets

Dans la maison de la culture qu'elle a monté à Montegrande, Soledad a mis en place une bibliothèque gratuite pour rapprocher le livre des familles.

Ce matin, Soledad a le teint plus jovial. Une bonne nuit de sommeil a effacé ses cernes. Le soleil crache ses rayons sur la cour et les chiens sont calmes, à l’ombre de l’atelier de tissage.

Dans la Vallée de l’Elqui, Soledad a trouvé le silence et la solitude qu’elle croyait insupportables. Depuis plusieurs années, elle y suit une thérapie avec un psychologue anglais, installé dans un village voisin. «J’ai travaillé mon histoire, c’est pour ça que je peux la raconter comme cela maintenant

En 2002, quand elle est arrivée avec Camila, le village de Montegrande n’était pas connecté à internet. Il n’y avait que deux chaînes de télévision locales et une radio, celle de la municipalité. «C’était comme un prolongement de la dictature», tranche Soledad en bisbille avec le maire.

Elle convainc la Fondation Prix Nobel Gabriela Mistral de lui céder une maison au cœur du village où a vécu la poète. Elle veut en faire un lieu culturel. Des amis artistes de Santiago assurent le premier été d’animations artistiques: «des ateliers d’arts martiaux, de théâtre, des spectacles…»

Les mois et années qui suivent sont plus difficiles. Mais à force de persévérance, grâce aux contacts que Soledad maintient à Santiago et à de nombreux financements publics et privés, la «Casa Cultura» prend forme.

Aujourd’hui, « Sole », comme on l’appelle ici, est fière d’offrir aux habitants des environs une salle informatique avec internet, une bibliothèque gratuite où un tipi de laine aide les enfants à se familiariser avec les livres, et un atelier de tissage. «Dans la vallée, il y a encore des enfants qui ne savent pas lire à douze ans», déplore-t-elle.

Son objectif à terme: créer une école des métiers et des arts. Une école «où on apprendrait à valoriser son environnement au lieu de s’en extraire», dit-elle. «Car ici, pour le moment, les enfants n’ont pas d’autres perspectives que de devenir mère au foyer ou ouvrier dans les vignes. Moi, je crois qu’ils pourraient devenir de magnifiques artisans

11/10/2009

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