Arica, la péruvienne

Arica, vue depuis le rocher qui surplombe la ville. Au loin, le Pérou.

Installée au bord de l’océan, Arica est moins sèche que San Pedro ou Copiapo. L’air marin est agréable. Mais le désert bien présent.
Pas un arbre ou presque, que des parterres sablonneux et une fine couche de sable sur toutes les maisons basses qui s’alignent de la côte jusqu’aux premières courbes des montagnes de terre et sable.

Arica est indéniablement pauvre. Beaucoup d’immigrés péruviens et boliviens viennent y trouver du travail. Certains légalement pour plusieurs mois voire des années. D’autres entrent chaque lundi au Chili, travaille une semaine « en lo que sea, lo que haya »* et ressortent au bout d’une semaine.

« Il y a un endroit à Arica où les camions agricoles viennent chercher de la main d’œuvre, me raconte Luis. Quand les camions arrivent, des dizaines et des dizaines de Péruviens, Boliviens, etc, se jettent sur le camion pour obtenir une journée de travail. »

Mais de quoi vit Arica? D’un peu de tout, me répondent tous les Ariqueños* que je croise: du commerce (grâce à la proximité avec le Pérou et la Bolivie), de l’agriculture (dans les vallées vertes de Azapa et Lluta)… d’un peu de tout.

La proximité avec les pays andins est palpable. Beaucoup de visages sont plus mates et plus marqués. J’ai même croisé des cholitas* à plusieurs reprises. D’ailleurs, Arica et sa région étaient péruviennes avant la Guerre du Pacifique entre le Chili, le Pérou et la Bolivie (1879-1884).

Arica, vers l'intérieur.

Ici la vie n’est pas chère alors les gens restent, même sans travail. « La ville s’est beaucoup étendue depuis quelques années« , m’explique Sébastian, l’homme à tout faire du collège dont Luis est directeur.

Au prix même de la santé de certains habitants. « Tu vois cette poblacion là, et bien, elle contaminée au plomb et à l’arsenic. Les gens ont plein de problèmes de santé à cause de cela« , continue Sébastian. En 1999, près de 400 familles ont été installées dans un secteur contaminé par des résidus toxiques industriels. Aujourd’hui, elles réclament aide et réparation au gouvernement.

Une ancienne émission de télévision chilienne s’appelait « Santiago no es Chile » (Santiago n’est pas le Chili). A Arica, je constate cette différence de développement entre la capitale et le reste du pays.

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*Habitants d’Arica.
*Femmes andines vêtues d’une longue jupe épaisse et coiffées d’un chapeau melon d’où sortent deux longues tresses.
*Ce qu’il y a, quel que soit le travail.

22/10/2009

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