Iquique, commerçante extravagante

Vue sur Iquique, depuis l'appartement de Jessica.

Iquique grouille. Elle est bordélique. Coincée entre les hauteurs du désert et la mer bleue chargée d’écume, cette ville d’environ 170 000 habitants est dotée d’une «zone franche». Pas de taxes, donc beaucoup de produits moins chers et beaucoup de commerçants.Visite.

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Les marchands d’Iquique sont péruviens, boliviens mais aussi chinois, indiens ou pakistanais. Des nationalités qu’on ne retrouve pas, ou presque pas, dans le reste du Chili. Ici, croiser un étranger ou une femme voilée comme au Moyen-Orient n’est plus chose étrange.

Dans les rues, les maisons sont peu entretenues. Certaines tombent en morceaux. Les trottoirs sont sales. Mais chacun a une voiture. Peugeot, Volkswagen, Toyota… des voitures des marques les plus variées s’alignent sur les trottoirs chaotiques. «A Iquique, les voitures ne sont vraiment pas chères grâce à l’exonération de taxes, m’explique Jessica, chez qui je loge ici, alors tout le monde ou presque peut s’en acheter une. Et quand elle ne marche plus, les gens laissent l’automobile dans la rue.»  Trop cher de réparer.

Je découvre à pied cette ville extravagante qui m’est complètement inconnue. On m’a bien parlé de ses plages et de ses collines de sable parfaites pour faire du parapente… Une église attire mon attention, je bifurque. Puis rejoins le centre.

Là, Mauricio me montre les vieux quartiers de sa ville d’adoption. Nous visitons les anciennes maisons des propriétaires d’usines de salpêtre qui parsèment aujourd’hui le désert de cheminées rouillées. Au début du 20e siècle, le salpêtre a fait la richesse d’Iquique et de beaucoup de villes du Nord chilien. La richesse des entrepreneurs étrangers qui s’y sont installés aussi.

Humberstone, l'usine d'extraction et de traitement du salpetre.

Le lendemain, je visite Humberstone, une des plus anciennes et impressionnantes usines de salpêtre désaffectées. Une vraie ville entoure l’usine d’extraction et de traitement. Ville fantôme, ville histoire. Je suis absorbée. Les murs de l’usine couinent. Le désert sèche mes paupières. Les portes des anciens baraquements grincent et craquent avec le vent chaud.

Humberstone, le village autour de l'usine de salpetre.

On croirait voir apparaître les ex-pampinos* au bout de l’allée. Le théâtre semble prêt à s’illuminer pour une dernière représentation. Gilberto, garde à bicyclette, me raconte son expérience dans une autre usine de salpêtre, un peu plus au sud.

Je me dessèche, attrape une glace à la mangue et file dans le van de quatre musiciens qui rentrent à Iquique. Dans le minibus, tout le monde est moite. J’ai chaud et ma tête gronde déjà. J’emporte plein d’images et un morceau d’histoire.

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*Nom donné aux ouvriers des usines de salpêtre.

31/10/2009

Une Réponse pour “Iquique, commerçante extravagante”

  1. Redigé par Fatma (service comm Pèlerin):

    Salut lucile!!
    je vois que ton voyage se passe bien et que tu rencontres beaucoup de femmes étonnantes!!
    Bonne continuation!
    Fatma