Un saut à la perche, du coq à l’âne

Au loin, les vaches d'Hella et de son mari, Mauricio.

Un saut à la perche, pour passer du coq à l’âne. Voilà la définition de ce post!

Parce que le temps court et que j’écris décidément à la lenteur des escargots, je vous propose un « flash forward ». Un bond en avant.

L’histoire d’une bonne quantité de jours, passés et pas assez racontés, en quelques lignes. Pour reprendre le fil au moment présent.

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J’ai tellement pris le temps dans l’extrême sud,
Enfilé les jours comme des perles en laissant rougir mes joues,
Vécu avec Paula et ses parents de Punta Arenas,
Mangé des beignets gonflés de mie de pain et de patate à la façon des Chilotes*,
Bu des mojitos en refaisant l’histoire du Chili.
Tant regardé autour pour percevoir, respirer l’air du grand sud,
Que le temps a filé et je suis déjà rentrée à Valparaiso.

J’ai tellement pris le temps dans l’extrême sud,
Vu Viviana et son sourire gardé, sa fille, ptite poupée crado, et ses chatons joueurs,
Acheté des légumes au supermarché pour partager des almuerzos**,
Causé au marcheur, au vendeur, à la boulangère et grondé le vieux trop dragueur.
Tant respiré que le temps a filé et je n’ai pas tout raconté.

Viviana et sa fille, Amapola. Puerto Natales.

J’ai tellement pris le temps dans l’extrême sud,
La tête couverte d’une double capuche,
La bouche chaude et ronflante contre le rebord de l’anorak.
Tant tourné la tête pour voir le bout de la montagne flottant sur le fjord,
Que les jours se sont fait la malle et, avec eux, mes bavardages.

En Patagonie, j’ai discuté avec Aïda, accoudée à la table de la cuisine,
De la vie des marins, des hommes des plateformes pétrolières,
Découvert la zone franche où les parfums se bagarrent avec l’électroménager,
Chanté des classiques romantiques d’Amérique Latine,
Et j’ai oublié l’heure.

Attablée avec Aïda Guzman.

En Patagonie, j’ai vu des murs froissés et des cheminées majestueuses,
Bu le thé et grignoté des tartines en essayant d’être le plus éduquée du monde.
Me suis moquée de moi-même.
J’ai pris plaisir à perdre mon regard dans l’immensité des prairies vertes et brunes.
Là-bas, loin, où les milliers de vaches et moutons d’Hella font pâture!
J’ai marché, roulé, volé.
Et le temps a glissé. Tandis que je restai pour vous silencieuse.

Mince ! Mais pas zut.
Le silence m’a fait plaisir. Plus de temps pour vivre, un peu moins pour écrire.
Vous ne m’en voudrez pas, verdad?***

Hella Roehrs et la vue sur son "estancia", domaine gigantesque où paturent les vaches et moutons qu'elle et son mari possèdent.

Grosses bises.

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* Habitants de Chiloé, île au sud du Chili, ils sont très nombreux à s’être installés à Punta Arenas.

** Déjeuner, repas de midi.

*** Pas vrai?

11/12/2009

2 Réponses pour “Un saut à la perche, du coq à l’âne”

  1. Redigé par gimberg:

    pourquoi t’en vouloir!
    prendre le temps d’en perdre c’est certainement ce qui manque souvent à notre vie …et c’est sans doute en ne faisant rien que penser et observer que l’on progresse vers une vie plus sereine…
    bises linda

  2. Redigé par cynthia:

    cuidado con los mojitos m’hijita !
    Tu es en train de te constituer un stock formidable de merveilleux souvenirs.
    Je me souviens d’un petit resto ( ou plutot un bouiboui avec des toiles cirées collantes où j’ai dégusté un super repas pour trois fois rien). C’était dans une petite île au sud du Chili dont j’ai oublié le nom.J’avais pris le train, puis un camion, puis une barque ! Les gens m’ont regardée comme une extra terrestre ne comprenant pas ce que je pouvais faire toute seule dans une si petite île.Et tous me parlaient et me posaient des questions.C’était très chaleureux.Super souvenir!