Lexique del pueblo*

Pour saisir le Chili, certaines expressions sont indispensables. Tour d’horizon de ces bafouilles incompréhensibles et séduisantes.

Les quotidiennes:

« Como tai? » [komo staï] = « Como estai? » pour « Como estas? », « Comment vas-tu? »

« Ahi no mas mijita! » [Ahi no ma mijita] = « Ahi no mas mi hijita », « Juste-là ma ptite fille », utilisé pour des tas de choses: par exemple, mets-toi juste là ou pose le paquet juste là…

« Si po », « Ya po » ou « Ya » = « Oui », « Ouais », vient de « Si pues » qui s’est transformé en « Si po » puis « Sip » sur les messageries en ligne, très prisées des jeunes chiliens.

« Cachai » = vient de « to catch » en anglais, passé à la forme informelle de la deuxième personne du singulier dans le langage chilien, you catch=> cachas => cachai; tu captes? tu piges?

« Al tiro » = Littéralement, au tir; tout de suite.

« Un pololo » = un petit-ami mais aussi un petit boulot, temporaire et souvent pas déclaré.

« Los lolos » ou « las lolas » = les jeunes, les adolescents ou adolescentes.

Les expressions imagées:

Quedarse a calentar la silla = littéralement, rester à chauffer la chaise;  rester à ne rien faire.

Rallar la papa ou peinar la muñeca = littéralement, râper la patate ou peigner la poupée; radoter, devenir fou.

Ponerse las pilas = litéralement, se mettre les piles;  se motiver pour faire quelque chose.

Meter la pata = littéralement mettre la patte; faire une gaffe, dire ou faire quelque chose qu’il ne fallait pas dire ou pas faire.

Quedar la escoba = Quedo la escoba!; ça a mis un de ces bazars!; escoba signifie balai.

Ni chicha ni limonada = ni sucré comme la chicha, alcool tiré de la fermentation de raisins ou de pommes au Chili, ni acide comme la citronnade. Se dit d’une personne qui ne se montre pas telle qu’elle est, qui a tendance à dire ou faire ce qui manifestement lui convient selon l’environnement dans lequel elle se trouve.

Victor Jara, chanteur chilien emblématique (communiste torturé et tué sous la dictature), a écrit une chanson intitulée « Ni chicha ni limona » en 1970. A écouter ici.

Cachar el mote =  capter la situation, capter ce qui se trame; el mote = le blé mais aussi un ensemble de faits qui forment une situation.

Jote = Prononcer [Joté], Urubu à tête rouge, oiseau de proie qui se nourrit de charognes; nom utilisé au Chili pour parler des dragueurs lourds qui, comme cet oiseau, tournent autour de leur proie.

Deux "jotes", posté sur une barrière dans le port d'Arica.

Les incroyables:

« Watchiman » = vient de « watchman »; dans le nord du Chili comme à Lima (Pérou), on utilise ce terme pour parler des gardes qui surveillent nombre d’édifices privés ou publics, souvent vêtus de bleu marine ou noir et qui s’ennuient à l’entrée des grandes tours santiaguinas.

« Demicke » (orthographe approximative) = prononcer [Démaïcke]; vient de « Demas », manière correcte d’acquiescer aux propos d’une tierce personne; après la mort de Mickaël Jackson, certains jeunes se sont mis à dire « Demicke » pour DeMickaël »… No comment !

à suivre…


* del pueblo = du peuple