Vendredi 20 novembre 2009


Les rapides, non loin des Thermes de Puyehue.

Osorno est une ville pauvre et peu attractive. Les rues sont souvent grises et le travail manque. Ici, on vit avant tout du tertiaire ou de l’élevage de bovins et de la fabrication de lait et de fromages. Pas de théâtre, pas de cinéma digne de ce nom.

Mais tout autour d’Osorno, la nature est incroyable. Nourries des pluies quotidiennes, les prairies, les arbres et les collines sont tardés de verts persistants. Au loin, les volcans pointent le bout de leurs cratères enneigés. Les lacs sont partout.

Bleu, gris, presque transparents parfois.

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Mercredi 18 novembre 2009


Vue sur le jardin depusi la maison de Pedro etFabiola, Valdivia.

A Valdivia, belle ville verte du sud, entourée de fleuves et de forêt, je me requinque chez Pedro, Fabiola et leurs enfants, la famille de Fernando.

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Mardi 17 novembre 2009


Tapsin, l’antigrippal, anti-rhume/rhinite chilien. Mon meilleur ami trois fois par jour!

Petit pépin pour vous écrire.

Les changements de température fréquents au sud du Chili en ce début de printemps m’ont eu, cette fois-ci.

De drôles de bonhommes se chamaillent dans ma gorge qui rougit et mon nez pleure le soleil du Nord.

Un bon rhume flanqué d’une toux et d’éternuements et me voilà bien lente pour écrire.

Sieste, sieste et thé au miel. Avec un peu de patience, tout ira mieux dans quelques jours.

Bises à tous.

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Dimanche 15 novembre 2009


Esther Sandoval, Mapuche à la campagne.

Esther Sandoval a 52 ans. Six enfants et plusieurs petits enfants.

Elle aime tisser la laine de mouton, s’occuper de ses poulets et admire la campagne qui l’entoure depuis toute petite.

Surtout, Esther Sandoval est Mapuche. Indienne Mapuche.

Et n’a pas de raison d’en avoir honte.


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Vendredi 13 novembre 2009


De gauche a droite: Esther, Adela et Ramon.

Adela, Ramon et la maman d’Adela, Esther.

Après Rari, près de Linares, je file plus au sud. Direction Temuco. Capitale de la IXe Region. Capitale de la Araucania. Une des rares région du Chili où les indiens, ici les Mapuche, ont su résister et stopper l’envahisseur espagnol au XVIe siècle.

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Mercredi 11 novembre 2009


Edith Oñate, femme amoureuse.

A 45 ans, Edith Oñate a les yeux lumineux des jeunes amoureuses. Le sourire léger et les gestes assurés.

Depuis l’âge de cinq ans, elle tisse le crin de cheval. Comme 500 des 1300 habitants de Rari, village aux pieds de la Cordillère. Avec l’art et la manière.

Depuis ses 43 ans, elle aime et est aimée avec bonheur.

Le code secret? Orlando. Mais chut, le bonheur n’est pas pour tout le monde !

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Lundi 9 novembre 2009


La campagne autour de Rari, VIIe Région.

Cap vers le Sud.J’ai hâte de retrouver les montagnes vertes merveilleuses et les volcans majestueux.

Première étape: Rari. Un petit village aux pieds de la Cordillère où, des 1300 habitants, 500 sont des artisanes du crin de cheval. Tout ça m’intrigue. Et je me souviens vaguement d’une petite souris de crin ramenée par ma tante…. Peut-être était-ce du Chili?

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Vendredi 6 novembre 2009


Mariela et Héctor, dans la vallée sèche de Copiapo.

Pour redescendre vers le Sud, je décide de faire escale à Copiapo. J’ai envie de revoir Mariela, Héctor et Esteban (la famille de Daniela), et j’ai toujours dans la tête d’aller dans cette mine de cuivre tenue uniquement par des femmes: la mine Andacollita.

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Mardi 3 novembre 2009


Fanny Bolados, 24 ans.

A 24 ans, Fanny le dit elle-même: elle est une femme «chanceuse».

Chanceuse parce que sa famille est avec elle.

Parce que ses parents ont les moyens de la laisser choisir, les moyens qu’elle rêve.

Rencontre avec une fille qui sait ce qu’elle veut. En plein ménage.

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Samedi 31 octobre 2009


Vue sur Iquique, depuis l'appartement de Jessica.

Iquique grouille. Elle est bordélique. Coincée entre les hauteurs du désert et la mer bleue chargée d’écume, cette ville d’environ 170 000 habitants est dotée d’une «zone franche». Pas de taxes, donc beaucoup de produits moins chers et beaucoup de commerçants.Visite.

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Mercredi 28 octobre 2009


Maria Ruth Guzman, institutrice depuis 25 ans.

Sur le visage de María Ruth, le sourire est presque permanent. De sa voix éraillée, l’institutrice de 52 ans remplit d’entrain sa classe de CP d’un quartier pauvre d’Arica, au nord du Chili.

Son visage est lumineux, ouvert. Mais dans ses yeux pointe une petite lueur triste.

Depuis toute jeune, María Ruth a choisi l’école. Pour s’exprimer et s’épanouir. Et s’extirper d’un quotidien difficile et peu valorisant.

Aujourd’hui mère et grand-mère, elle est avant tout institutrice.

Faite pour apprendre et enseigner. Pour elle et pour les autres.

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Lundi 26 octobre 2009


Nalleli, Maria Teresa et un de leurs camarades.

Luis, chez qui je loge à Arica, est le directeur d’une école municipale. A peine arrivée à Arica, je le suis à son travail. Cela fait longtemps que j’ai envie d’entrer dans une école au Chili.

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Jeudi 22 octobre 2009


Arica, vue depuis le rocher qui surplombe la ville. Au loin, le Pérou.

Installée au bord de l’océan, Arica est moins sèche que San Pedro ou Copiapo. L’air marin est agréable. Mais le désert bien présent.
Pas un arbre ou presque, que des parterres sablonneux et une fine couche de sable sur toutes les maisons basses qui s’alignent de la côte jusqu’aux premières courbes des montagnes de terre et sable.

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Lundi 19 octobre 2009


Voilà quelques images de mon week-end à San Pedro de Atacama. Je vous laisse rêver avec moi. Bises.

Atacama: le salar, désert de sel.

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Samedi 17 octobre 2009


Robertina Obando, 31 ans.

Robertina est une jeune femme discrète.

Un peu timide voire méfiante.

Née au Pérou, elle est arrivée à Copiapo il y a sept mois. Avec son mari et son fils.

Pour, encore une fois, tout recommencer à zéro.

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Jeudi 15 octobre 2009


Paula Ferrada, Copiapo

Experte en pâtisseries gigantesques, mère sans tabous et femme épanouie, Paula regorge d’une énergie franche et directe.

Elle n’a pas froid aux yeux et ne mâche pas ses mots.

Et tant pis si les autres s’offusquent. Ils comprendront bientôt.

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Mardi 13 octobre 2009


Vue sur Copiapo depuis la maison de Paula Ferrada.

Me voila arrivée a Copiapo. Capitale de la IIIème Region de Atacama, au Nord du Chili.  Ville aux portes du désert. Ville seche, poussiereuse, qui vit grâce aux mines de cuivre et aux vignes ou pousse la majorité du raisin que le Chili exporte vers le monde entier.

Saisissant contraste entre les montagnes arides et le vert des parcelles de vignes irriguées par un systeme de goutte à goutte.

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Dimanche 11 octobre 2009


L'atelier de tissage de Soledad, avec les chiens et le coq.

Depuis ma première rencontre avec la Señora Gloria, chaque femme croisée m’a offert une petite pierre que je mets dans mon sac à astuces. Un sac à idées et sensations qui m’emmène vers qui je suis peut-être, vers quelle femme je deviens ou vers quel bonheur j’ai envie de construire. Aucune ne détient la clé mais chacune a plus ou moins réussi à faire bouger la porte.

Soledad m’a bousculé. A cause de son histoire. De sa fragilité. Et de ses remarques aiguisées sur la société chilienne.

A ce propos, j’ai envie d’ajouter quelques impressions, réflexions et commentaires qui éclaireront peut-être ses paroles.

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Dimanche 11 octobre 2009


Soledad Garcia Huidobro, aristocrate populaire

De cette vie passée d’un extrême social à un autre, Soledad a tiré une grande liberté de parole et un regard aiguisé sur la société chilienne.

«La situation de la femme au Chili est pathétique», lâche-t-elle sans demi-mesure. «Quelle que soit sa classe sociale d’origine, la femme chilienne commence à peine à être respectée dans la société

«On parle beaucoup des droits de la femme en politique mais dans la vie quotidienne, le machisme perdure. Et nous, les femmes, en sommes responsables, car nous n’enseignons pas à nos fils à laver la vaisselle ou surveiller le bébé

Mais Soledad déplore aussi une autre réalité actuelle: «beaucoup de jeunes diplômées chiliennes sentent que pour être reconnues elles doivent se battre et se comporter comme des hommes

Pour Soledad, elles font fausse route. «Entrer en compétition avec les hommes n’a pas de sens. Nous sommes différents physiquement, psychologiquement et émotionnellement, souligne-t-elle, et cela ne nous empêche pas d’avoir autant de valeur.»

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Dimanche 11 octobre 2009


Dans la maison de la culture qu'elle a monté à Montegrande, Soledad a mis en place une bibliothèque gratuite pour rapprocher le livre des familles.

Ce matin, Soledad a le teint plus jovial. Une bonne nuit de sommeil a effacé ses cernes. Le soleil crache ses rayons sur la cour et les chiens sont calmes, à l’ombre de l’atelier de tissage.

Dans la Vallée de l’Elqui, Soledad a trouvé le silence et la solitude qu’elle croyait insupportables. Depuis plusieurs années, elle y suit une thérapie avec un psychologue anglais, installé dans un village voisin. «J’ai travaillé mon histoire, c’est pour ça que je peux la raconter comme cela maintenant

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