5/5: Soledad Garcia, après la rencontre

Dimanche, octobre 11th, 2009

L'atelier de tissage de Soledad, avec les chiens et le coq.

Depuis ma première rencontre avec la Señora Gloria, chaque femme croisée m’a offert une petite pierre que je mets dans mon sac à astuces. Un sac à idées et sensations qui m’emmène vers qui je suis peut-être, vers quelle femme je deviens ou vers quel bonheur j’ai envie de construire. Aucune ne détient la clé mais chacune a plus ou moins réussi à faire bouger la porte.

Soledad m’a bousculé. A cause de son histoire. De sa fragilité. Et de ses remarques aiguisées sur la société chilienne.

A ce propos, j’ai envie d’ajouter quelques impressions, réflexions et commentaires qui éclaireront peut-être ses paroles.

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4/5 : Soledad Garcia : « Querer y amar »

Dimanche, octobre 11th, 2009

Soledad Garcia Huidobro, aristocrate populaire

De cette vie passée d’un extrême social à un autre, Soledad a tiré une grande liberté de parole et un regard aiguisé sur la société chilienne.

«La situation de la femme au Chili est pathétique», lâche-t-elle sans demi-mesure. «Quelle que soit sa classe sociale d’origine, la femme chilienne commence à peine à être respectée dans la société

«On parle beaucoup des droits de la femme en politique mais dans la vie quotidienne, le machisme perdure. Et nous, les femmes, en sommes responsables, car nous n’enseignons pas à nos fils à laver la vaisselle ou surveiller le bébé

Mais Soledad déplore aussi une autre réalité actuelle: «beaucoup de jeunes diplômées chiliennes sentent que pour être reconnues elles doivent se battre et se comporter comme des hommes

Pour Soledad, elles font fausse route. «Entrer en compétition avec les hommes n’a pas de sens. Nous sommes différents physiquement, psychologiquement et émotionnellement, souligne-t-elle, et cela ne nous empêche pas d’avoir autant de valeur.»

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3/5 : Soledad Garcia, femme de projets

Dimanche, octobre 11th, 2009

Dans la maison de la culture qu'elle a monté à Montegrande, Soledad a mis en place une bibliothèque gratuite pour rapprocher le livre des familles.

Ce matin, Soledad a le teint plus jovial. Une bonne nuit de sommeil a effacé ses cernes. Le soleil crache ses rayons sur la cour et les chiens sont calmes, à l’ombre de l’atelier de tissage.

Dans la Vallée de l’Elqui, Soledad a trouvé le silence et la solitude qu’elle croyait insupportables. Depuis plusieurs années, elle y suit une thérapie avec un psychologue anglais, installé dans un village voisin. «J’ai travaillé mon histoire, c’est pour ça que je peux la raconter comme cela maintenant

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2/5 – Soledad Garcia Huidobro : des coups et des hommes

Dimanche, octobre 11th, 2009

Dans l'atelier de tissage avec les femmes qui participent aux cours de creation en feutre.

Soledad aurait pu passer sa vie dans cette bulle hors du monde. Mais lorsqu’elle a deux ans, son père décède. Quelques années plus tard, sa mère rencontre un autre homme. Et là, tout bascule.

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1/5 – Soledad Garcia Huidobro, aristocrate populaire

Dimanche, octobre 11th, 2009

Les journées de Soledad sont longues: "Il n'y a que le matin où je peux être seule alors aujourd'hui je me suis levée à 5h30..."

Au cœur du village de Montegrande, dans la Vallée de l’Elqui, une maison ocre bruisse de cris d’enfants et de bavardages d’adultes. A l’intérieur, une quinzaine de personnes va et vient entre la bibliothèque, la salle des ordinateurs et l’atelier de tissage. Soledad Garcia Huidobro vit au milieu de ce remous.

Entre un gamin à moucher et une femme qui lui montre sa dernière création en feutre. Elle court, complimente, recommande, rit et propose du matin au soir. Tandis que poules, chiens et chats se chamaillent dans la cour sous le regard des montagnes sèches.

Rencontres en quatre épisodes.

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La sagesse des grands-mères

Samedi, octobre 10th, 2009

Vous l’aurez surement remarqué, les premières femmes que j’ai rencontrées sont toutes soixantenaires. Ce n’est pas une volonté ! Juste une conséquence d’un phénomène sans doute répandu dans le monde entier:

Les gens ont tendance à recommander les plus anciens, sans doute pour leur expérience et leur sagesse.

Jusqu’à maintenant, lorsque j’ai demandé à mes amis ou connaissances quelles femmes je pourrais interviewer, beaucoup m’ont indiqué des « señoras ». C’est à dire des femmes d’un certain âge déjà.

Autre chose qui m’a fait sourire: beaucoup de mes amis garcons m’ont recommandé leur maman, ou leur grand-mère.

En France aussi, les hommes recommanderaient leur mère?

A bientôt!

Alicia Salazar: cuisiner avec le soleil et changer

Vendredi, octobre 9th, 2009

En aprenant à cuisiner avec le soleil, Alicia Salazar a aussi appris à s'aimer et à se valoriser. Sur la terrasse du restaurant où travaille Alicia, de drôles d’engins orange s’alignent face au soleil. Des casseroles enfermées dans des cubes argentés encadrés de plaques réfléchissantes, des théières qui trônent au dessus de paraboles constituées d’éclats de verre brillants… Toutes ces boîtes étranges sont des fours solaires.

C’est grâce à eux qu’Alicia et les membres de l’association des artisans solaires de Villaseca cuisinent depuis une vingtaine d’années dans la Vallée de l’Elqui.
Grâce à eux qu’Alicia Salazar, 59 ans, a appris à se faire confiance et à s’aimer pour ce qu’elle est.

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Bética Rojas, « Gabriela et moi »

Mercredi, octobre 7th, 2009

Bética Rojas ou la tranquilité de l'âge.

A Montegrande, village où a grandi la poète chilienne et prix Nobel de littérature Gabriela Mistral, tout le monde connaît Bética Rojas. Même les touristes.

Et pour cause : après une vie de dur labeur dans la Vallée de l’Elqui – à 70 km de La Serena – Bética garde tranquillement le musée-école en hommage à la poète chilienne. Depuis 27 ans.

Elle parcourt même le pays pour parler de l’artiste. Et dit sentir sa présence et son soutien.

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